Thala N’thigremt
La source au cœur du village
Au creux des montagnes de Kabylie, là où les oliviers s’inclinent sous le vent et où les pierres racontent l’histoire des anciens, coule une source discrète mais essentielle : Thala N’thigremt.
Dans la tradition kabyle, la thala n’est pas qu’un point d’eau. C’est un lieu de passage, de rencontre, de mémoire. Les femmes y descendaient chaque matin, cruches sur la tête, pour puiser l’eau claire qui nourrissait la maison. Les enfants y jouaient, les anciens s’y reposaient à l’ombre, et les voyageurs s’y désaltéraient.
Construite en pierre sèche, souvent ornée de motifs simples, la fontaine est intégrée au paysage comme si elle en était née. L’eau y coule en silence, parfois à peine un filet, mais toujours fidèle. Elle est le reflet d’un mode de vie sobre, respectueux de la nature et des rythmes du monde.
Aujourd’hui, Thala N’thigremt reste debout. Elle ne fournit peut-être plus l’eau du quotidien, mais elle continue d’irriguer la mémoire collective. Elle rappelle que dans chaque village, il y avait une source — et autour d’elle, une communauté.
« Thala d tameṭṭut n taddart. Ur tḥeṛṛiq ara, ur ttuɣal ara. »
— Proverbe kabyle

